Réouverture de la plage de l’Ouest

L’analyse des derniers prélèvements démontre une excellente qualité de l’eau de baignade.

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Histoire et patrimoine

Histoire de Magog

Découvrez l’histoire de Magog à travers ces passages de l’histoire :

Le site est plutôt un lieu de passage et de campement temporaire pour les tribus amérindiennes venues du nord des États-Unis.

Le site est plutôt un lieu de passage et de campement temporaire pour les tribus amérindiennes venues du nord des États-Unis.

1793 – Arrivée des premiers colons anglais
Nicholas Austin (qui a laissé son nom à la municipalité d’Austin) décide de s’installer à la décharge du lac Memphrémagog, située sur la rive Est. Il y construit une digue rudimentaire pour actionner un moulin à farine et un moulin à scie.

1799 – Ralph Merry III, fondateur de Magog
Ralph Merry III prend la relève et achète les moulins d’Austin et leur donne une importance telle qu’on lui reconnaît aujourd’hui le titre de fondateur de Magog. Merry s’installe à proximité du pont qui relie les deux rives sur la rue qui porte aujourd’hui son nom.

De part et d’autre de la rivière Magog, les moulins à scie se multiplient et les transports s’améliorent. Le petit hameau, alors connu sous le nom d’Outlet, devient un centre d’échanges important.

Dans la première moitié du 19siècle, des hôtels sont construits pour recevoir des vacanciers. Une navigation saisonnière touristique et de soutien à l’industrie et au commerce s’organise sur le lac.

Graduellement, le nom de Magog remplace celui d’Outlet. Il s’applique d’abord au bureau de poste, en 1851, puis au village à partir de 1855.

À la fin du 19siècle, la construction du chemin de fer Waterloo and Magog et la construction de la Magog Textile and Print Company amorcent la transformation du village en ville industrielle. L’achat de cette usine de coton imprimé par la Dominion Cotton Mills en 1889 consacre cet essor.

L’histoire de Magog demeure intimement liée aux progrès de l’industrie du textile, principal employeur de la ville. Des liens importants se tissent entre la compagnie et le conseil municipal pour développer des services de loisirs et de santé.

L’amélioration du réseau routier permet le développement d’une industrie touristique quatre saisons qui ne se dément pas aujourd’hui.

Depuis le 9 octobre 2002, le canton de Magog, le village d’Omerville et la ville de Magog sont regroupés pour former la nouvelle Ville de Magog.

La Ville possède une économie équilibrée et diversifiée. On y retrouve des entreprises dynamiques et de prestige œuvrant aux niveaux industriel, commercial, technologique et touristique et dont plusieurs rayonnent sur les scènes nationale et internationale.

Magog du 19e au 21e siècle

dominion textile magog

Les Magogois, les anciens, ceux qui sont nés ici, vous raconteront que les Anglais étaient les patrons et qu’ils habitaient les belles maisons de Pocheville ou de la Pine Hill Road. Ils vous confieront aussi que tout le monde ou presque dans leur famille, du grand-père à la cousine de la fesse gauche, a travaillé à la Textile, qu’ils prononceront à l’anglaise avec un l mouillé, textaille. Ils vous parleront de la weave room, de la bleach room, de la white finishing, de la Colonial, de la cloth room, de l’imprimerie, de la salle de la filature…

Vous parleront-ils des souffrances causées par les grèves et les ralentissements dans la chaîne de production qui, en réduisant le pouvoir d’achat des familles au strict minimum, engourdissaient tous les secteurs de la vie économique de Magog? Pas d’argent dans les poches des ouvriers de la textaille voulait aussi dire pas de clients pour acheter une paire de souliers, un carrosse pour le bébé ou un nouveau réfrigérateur, donc pas d’argent dans les poches des marchands, qui ne pouvaient à leur tour faire rouler l’économie. La textaille au ralenti, c’était toute la population de Magog qui était dans de beaux draps!

En prêtant l’oreille aux histoires des anciens, vous n’aurez pas besoin d’un dessin pour comprendre que l’ouvrage à la textaille était pénible et vous respecterez ces générations de femmes et d’hommes qui ont gagné leur vie au bruit des métiers à tisser, des rouleaux d’imprimerie et des machines à coudre. Mais au-delà des difficiles conditions de travail que nous pouvons imaginer, nous, Magogois et Magogoises du 21e siècle, que savons-nous de cette usine et du quartier où elle a été construite?

En regardant couler la rivière par-delà le barrage, pouvons-nous imaginer que cette construction essentielle au fonctionnement de la filature et de l’imprimerie de coton a modifié la largeur des berges de la Magog, fait disparaître ses cascades et retenu en partie l’eau dans le marais de la rivière aux Cerises? En entendant le sifflet du train touristique, réalisons-nous que l’ouverture de la textaille et le tronçon de chemin de fer construit pour le transport des marchandises a accéléré la pénétration canadienne-française à Magog? Que l’usine, en raison de son emplacement, a modifié l’occupation du territoire et façonné l’image de la ville, que ce soit en déplaçant l’artère principale de la rue Merry Sud où se trouvait le quartier des affaires à la fin du 19e siècle à la rue Principale actuelle et en donnant naissance à un quartier qui a longtemps été un centre d’affaires important de Magog? En circulant sur la rue Saint-Patrice Est pour nous rendre à la bibliothèque, en empruntant les rues du quartier ou en longeant la rivière sur la piste cyclable, nous doutons-nous que l’âge, la valeur d’usage de ces maisons et l’intégrité générale de ce quartier en font un ensemble patrimonial rare au Québec?

La revitalisation d’un quartier commence, entre autres, par la reconnaissance de l’importance de ce territoire dans l’histoire, puisque la fierté est un moteur économique en soi.

Des générations de Magogois et Magogoises au service du textile

Imaginez 1877… Des fermes, des chemins de terre, un centre d’affaires réunissant quelques commerces au sud de la rivière, pas très loin où Ralph Merry III a bâti sa maison un demi-siècle auparavant. Le lac constitue déjà un attrait pour les touristes et les villégiateurs.

L’hôtel Magog, situé à la croisée des chemins menant à Hatley et à Georgeville, et aussi le McNamara, sur le bord de l’Outlet, accueillent les voyageurs et les habitants qui attendent de se loger. Des mères de famille entourées de leurs enfants, des cultivateurs, des menuisiers, des cordonniers, des forgerons, des bûcherons, des pêcheurs qui vendent leurs prises à Sherbrooke se saluent et vaquent à leurs occupations. Les commerçants et les hommes d’affaires sont heureux : la tranquillité de ce coin des Eastern Townships a peut-être été bouleversée par la centaine d’hommes qui ont construit le tronçon du chemin de fer entre Magog et Waterloo, mais le village est enfin relié à Montréal par autre chose que par des diligences. Ils peuvent maintenant envisager un réel développement économique pour le village!

Des centaines de travailleurs à l’œuvre
Trois ans après l’inauguration de la liaison ferroviaire entre Magog et Waterloo, un chantier encore plus gros que celui du chemin de fer bouleverse une fois de plus la tranquillité bucolique du village de 500 personnes. D’abord, il y a l’érection du nouveau barrage qui procurera l’énergie à l’usine que des promoteurs entendent mettre sur pied. Voyez le spectacle auquel les villageois curieux ont droit lorsqu’ils viennent constater l’état des travaux : une partie des eaux de la rivière est déviée vers un canal pendant que des hommes assemblent d’immenses blocs de granit avec de la chaux. Le barrage fait cinq mètres de haut et 122 de long. Cette structure impressionne. On n’en revient pas! Sans compter ce canal d’une dizaine de mètres de large sur plus de 600 de long, creusé pour acheminer l’eau de la rivière vers les bâtiments et alimenter les roues qui feront fonctionner la machinerie de l’usine à l’aide d’un système de poulies et de courroies! Voyez-vous le fourmillement de centaines d’ouvriers qui construisent deux bâtisses longues de 90 et de 75 mètres et larges de 16 et de 30 mètres qui abriteront en 1884 l’usine de cotonnade? Magog entre dans l’ère industrielle par la grande porte!

Un village? Non, une ville!
Pour faire fonctionner l’usine magogoise, la population du village ne suffit pas. Les embaucheurs de la compagnie parcourent le Québec. Ceux et celles qui espèrent trouver un emploi à la nouvelle cotonnade de Magog viennent de Katevale, de Windsor et de Sherbrooke, mais aussi de Beauce, de Lac-Mégantic, de Black Lake, de Thetford Mines et même « des États », notamment de New Bedford, de Fall River, Massachusetts, et de Manchester, New Hampshire! En 1887, le nombre d’ouvrières et d’ouvriers qui travaillent à l’usine surpasse la population magogoise de 1881 toute entière. C’est dire la place qu’occupe l’usine dès ses débuts dans le village qui s’étend, se développe et devient bientôt une ville.

En 1909, l’historien Albert Faucher estime à 8 000 le nombre d’ouvriers et d’ouvrières travaillant dans les différentes usines de textile du Québec. De ce nombre, 925 sont à l’emploi de l’usine de Magog, ce qui représente 11,5 % de la population ouvrière québécoise du textile! Pendant la Seconde Guerre mondiale, au plus fort de la croissance de l’usine magogoise, ils seront 2 300. Comme le souligne Serge Gaudreau dans son livre sur l’histoire du textile à Magog, Au fil du temps, en apportant leurs coutumes et leurs habitudes de vie, ces nouveaux citoyennes et citoyens enrichissent la collectivité et façonnent l’identité de notre ville.

L’entrée de Magog dans l’ère industrielle

imprimerie magog

Au moment où le député fédéral Charles Colby, le commerçant magogois Alvin H. Moore et William Hobbs étudient la faisabilité d’implanter une usine d’envergure à Magog, l’industrie cotonnière canadienne est en pleine expansion.

Dans le sillage de la Politique nationale des conservateurs de John A. MacDonald, entre 1877 et 1883, la production de tissu au Canada passe de 30 à environ 135 millions de verges. Mais malheureusement pour les filatures canadiennes, la consommation n’évolue pas au même rythme et elles se retrouvent avec une importante surproduction de coton brut et de toile écrue. Colby, Moore et Hobbs font-ils fausse route quand ils font le projet de construire une usine de textile sur les bords de la rivière?

Une première au Canada
Propriétaire d’une filature à Coaticook, Hobbs connaît un problème de surproduction. C’est pourquoi, avec Colby et Moore, il songe à doter Magog non pas d’une filature, mais d’une imprimerie pour écouler sa propre surproduction! Lors d’un séjour en Angleterre, un pays qui détient une grande expertise dans le domaine du textile, il achète des rouleaux pour l’impression du coton et recrute des ouvriers spécialisés. Quand le grand jour arrive enfin, en juillet 1884, l’usine de Magog – où l’on blanchit aussi le coton – est la première au Canada à l’imprimer. Et elle restera la seule jusqu’en 1899.

Malgré la grande quantité de coton gris disponible, les promoteurs de la Magog Textile & Print Co. entrevoient les avantages d’une usine de filature et de tissage. En même temps que la construction de l’imprimerie, ils font donc ériger un bâtiment à cet effet de l’autre côté du canal creusé pour alimenter les usines en énergie hydraulique. La mise en opération de la filature en 1888 soulève la colère des autres propriétaires, ce qui ne l’empêche pas d’être profitable à Magog, puisque des centaines de nouveaux emplois sont créés.

De la Magog Textile & Print à la Dominion Textile
Conséquence entre autres de sa surproduction, l’industrie canadienne du textile file un mauvais coton. Heureusement, la singularité de l’usine magogoise lui permet de survivre même lorsque la Magog Textile & Print Co. rend l’âme en 1889. Elle devient alors propriété de la Hochelaga Cotton Co., qui est intégrée à la Dominion Cotton Mills en 1890, pour être fusionnée à trois autres compagnies en 1905 et former la Dominion Textile.

Imprimerie et filature : deux mondes à part
Dans l’ensemble, les « mains » de la filature forment une main-d’œuvre moins experte et moins bien rémunérée que celle de l’imprimerie, où l’on trouve des conditions de travail en général plus satisfaisantes. À bien des égards et tout au long de leur histoire, l’imprimerie et la filature, bien que voisines, demeureront distinctes sur plusieurs aspects.

Du ballot de coton à votre lit
Le train achemine les ballots de fibres de coton brut à l’usine, où elles sont traitées, brossées, étirées, boudinées jusqu’à devenir les fils qui servent à tisser les pièces de toile. Par la suite, ces pièces sont blanchies et imprimées dans un autre secteur de l’usine, puis elles sont ouvrées pour en faire des draps et des taies d’oreiller. En 1954, le documentaire Le coton fabriqué au Canada produit par la compagnie Crawley Films à la demande de la Dominion Textile, décrit les opérations de transformation de la fibre de coton en produit fini : l’usine de Magog est choisie parmi toutes les usines canadiennes comme lieu de tournage, car elle est à ce moment-là la seule outillée pour effectuer toutes les phases du procédé.

Pour s’y retrouver!

  • Blanchiment : procédé qui permet de transformer la couleur naturelle des pièces de coton en couleur blanche.
  • Filature : secteur de l’usine où les fibres sont transformées en fil.
  • Imprimerie : secteur de l’usine où les étoffes de coton sont décorées d’un motif répétitif grâce à un procédé industriel. Sans l’imprimerie, il y a fort à parier que l’aventure du textile à Magog se serait terminée très rapidement.
  • Tissage : entrecroisement des fils sur un métier pour produire du linge.

Collaboration spéciale : Serge Gaudreau

La naissance d’un quartier

paysage magog

Au début du 20e siècle, les familles nombreuses ont de plus en plus de difficulté à trouver des terres à cultiver. Il y a bien l’Abitibi et la Gaspésie qui s’ouvrent aux colons…

Mais la perspective d’un travail régulier avec une paie à la fin de la semaine promis par des recruteurs des compagnies de textile qui parcourent la province est attrayante. Ils sont nombreux à quitter la campagne pour chercher du travail « en ville » où, comme à Magog, les manufactures naissantes ont besoin d’ouvriers non spécialisés.

La mise en opération de l’usine de textile de Magog chambarde donc le paysage. En devenant le principal pôle de la région, l’industrie du textile transforme le visage des terrains avoisinant l’usine. L’arrivée massive d’ouvriers et d’ouvrières pour l’imprimerie et la filature n’est pas sans problème et crée une pénurie de logements et d’habitations. Pour répondre à la demande et construire de nouvelles maisons aptes à les accueillir, les notables de la ville et les propriétaires terriens subdivisent leurs terres, dont celles qui avoisinent la nouvelle usine.

Pendant la première moitié du 20e siècle, la construction à Magog est donc en grande partie redevable à la vie économique de son usine de textile. Comme cela se voit dans plusieurs villes industrielles, la population se répartit le territoire. Ici, tout comme dans la ville de Québec par exemple, le niveau topographique semble correspondre au niveau social. La petite bourgeoisie, les dirigeants et les ouvriers spécialisés de l’usine s’installent dans le « haut » de la ville, aux alentours du lieu de naissance de Magog, alors que les ouvriers non spécialisés qui gagnent peu se regroupent autour de l’usine, dans le « bas » de la ville, où y travailler deviendra générationnel.

Secteur le plus ancien du quartier des Tisserands
Vers les années 1890, outre le tablier du barrage permettant aux ouvriers de traverser la rivière en provenance de la rue de Hatley, seules les rues Principale et Saint-Patrice, qu’on appelle alors Main et Pearl, permettent aux habitants du « haut de la ville » d’accéder aux usines et au quartier qui graduellement prend forme autour d’elles. Entre ces deux artères, on trace des rues comme Sainte-Marie, Hall, Cartier… Une d’entre elles, la rue Saint-Joseph, est rendue possible à la suite de l’achat, puis du don par le docteur William W. Chalmers d’un terrain où de vieux rails ont été laissés à l’abandon par la compagnie Waterloo & Magog Railway.

Enclavé par l’usine et la rivière d’un côté et de l’autre par la voie ferrée dont le nouveau tracé se prolonge jusqu’à Sherbrooke, le secteur à proximité de l’imprimerie et de la filature se développe : habitations résidentielles et commerces se multiplient. Il est bientôt habité par plus du tiers de la population de Magog! Les travailleurs arrivent de différentes localités de la province dont plusieurs sont originaires de la Beauce, à un point tel qu’à une époque on parle du quartier ouvrier comme de la « petite Beauce ».

La langue anglaise parlée par les fondateurs de la ville et les promoteurs du textile prend du recul. Les noms des rues se francisent. La rue Murray devient Brassard, du nom d’un des curés de la paroisse Saint-Patrice; les rues Saint Peter et Saint Luke, Saint-Pierre et Saint-Luc… et certaines sont même « canonisées », puisque la rue James devient Saint-Jacques et la Central Vermont, Saint-David.

Nouveau quartier, nouvelle paroisse, nouvelles écoles

photo paysage magog

Au début du 20e siècle, les familles nombreuses ont de plus en plus de difficulté à trouver des terres à cultiver. Il y a bien l’Abitibi et la Gaspésie qui s’ouvrent aux colons…

Mais la perspective d’un travail régulier avec une paie à la fin de la semaine promis par des recruteurs des compagnies de textile qui parcourent la province est attrayante. Ils sont nombreux à quitter la campagne pour chercher du travail « en ville » où, comme à Magog, les manufactures naissantes ont besoin d’ouvriers non spécialisés.

La mise en opération de l’usine de textile de Magog chambarde donc le paysage. En devenant le principal pôle de la région, l’industrie du textile transforme le visage des terrains avoisinant l’usine. L’arrivée massive d’ouvriers et d’ouvrières pour l’imprimerie et la filature n’est pas sans problème et crée une pénurie de logements et d’habitations. Pour répondre à la demande et construire de nouvelles maisons aptes à les accueillir, les notables de la ville et les propriétaires terriens subdivisent leurs terres, dont celles qui avoisinent la nouvelle usine.

Pendant la première moitié du 20e siècle, la construction à Magog est donc en grande partie redevable à la vie économique de son usine de textile. Comme cela se voit dans plusieurs villes industrielles, la population se répartit le territoire. Ici, tout comme dans la ville de Québec par exemple, le niveau topographique semble correspondre au niveau social. La petite bourgeoisie, les dirigeants et les ouvriers spécialisés de l’usine s’installent dans le « haut » de la ville, aux alentours du lieu de naissance de Magog, alors que les ouvriers non spécialisés qui gagnent peu se regroupent autour de l’usine, dans le « bas » de la ville, où y travailler deviendra générationnel.

Secteur le plus ancien du quartier des Tisserands
Vers les années 1890, outre le tablier du barrage permettant aux ouvriers de traverser la rivière en provenance de la rue de Hatley, seules les rues Principale et Saint-Patrice, qu’on appelle alors Main et Pearl, permettent aux habitants du « haut de la ville » d’accéder aux usines et au quartier qui graduellement prend forme autour d’elles. Entre ces deux artères, on trace des rues comme Sainte-Marie, Hall, Cartier… Une d’entre elles, la rue Saint-Joseph, est rendue possible à la suite de l’achat, puis du don par le docteur William W. Chalmers d’un terrain où de vieux rails ont été laissés à l’abandon par la compagnie Waterloo & Magog Railway.

Enclavé par l’usine et la rivière d’un côté et de l’autre par la voie ferrée dont le nouveau tracé se prolonge jusqu’à Sherbrooke, le secteur à proximité de l’imprimerie et de la filature se développe : habitations résidentielles et commerces se multiplient. Il est bientôt habité par plus du tiers de la population de Magog! Les travailleurs arrivent de différentes localités de la province dont plusieurs sont originaires de la Beauce, à un point tel qu’à une époque on parle du quartier ouvrier comme de la « petite Beauce ».

La langue anglaise parlée par les fondateurs de la ville et les promoteurs du textile prend du recul. Les noms des rues se francisent. La rue Murray devient Brassard, du nom d’un des curés de la paroisse Saint-Patrice; les rues Saint Peter et Saint Luke, Saint-Pierre et Saint-Luc… et certaines sont même « canonisées », puisque la rue James devient Saint-Jacques et la Central Vermont, Saint-David.

Le cadre bâti du quartier ouvrier de Magog

paysage magog

« …dans de nombreuses localités, les usines elles-mêmes, massives et durables, ont contribué à définir l’identité de la collectivité au même titre que les églises et les édifices publics. », A. B. McCullough

Pour loger les familles des travailleurs qu’elles recrutent, lors de leur implantation certaines compagnies ailleurs en province érigent des maisons, qu’elles louent à leurs employés, créant des quartiers, parfois même des villes. Lorsqu’elles mettent fin à leur opération, ces maisons sont laissées à l’abandon ou démolies. Val-Jalbert, par exemple, ce village déserté après la fermeture de sa papeterie, et Gagnon, rasé après la cessation des activités minières dans la région.

À Magog, les différentes compagnies de textile qui se succèdent ne bâtissent pas de maisons pour leurs employés, si ce n’est les trois « handsome cottages » de style Néo-Queen Anne construits par la Dominion Cotton Mills sur la rue Principale Ouest pour ses dirigeants de même que les maisons en rangée de la rue Bullard où la Dominion Textile accueille ses ouvriers spécialisés à partir de 1924. Puisqu’aucune initiative n’est prise par la compagnie pour héberger les centaines de familles qu’elle embauche, le quartier des Tisserands de Magog est donc bâti par la population, en réponse à ses besoins et à l’aide des moyens financiers dont elle dispose.

La perception d’une ville à « deux étages » est l’image la plus concrète de la dualité qui caractérise le Magog de l’ère du textile. Avec le temps, elle est même devenue une des composantes majeures de sa personnalité. Enraciné dans son passé industriel, le quartier des Tisserands est constitué de bâtiments et d’édifices modestes. On y retrouve quelques maisons de type colonisation, bungalow ancien, Arts and Craft, mansardé et Boom Town. Les maisons de type vernaculaire états-unien construites avant les années 1920 et de type cubique et à toit plat érigées majoritairement dans les années 1930 et 1945 dominent le patrimoine bâti du quartier.

En soi, peu d’édifices ont une grande valeur patrimoniale, mais l’ensemble est intéressant lorsqu’on le perçoit comme tel, et c’est ainsi qu’il prend sa signification au point de vue historique. Ayant heureusement subi jusqu’à maintenant peu de transformations irréversibles, ce quartier présente une singularité et une cohérence formelle rare au Québec, qu’il est urgent de reconnaître. Son environnement homogène lui confère un caractère distinct du reste de la ville, mais indéniablement, il participe à sa personnalité.

Constitué d’immeubles résidentiels et à logements d’apparence modeste, le quartier se développe dans le sillage de la croissance de l’usine du textile. Son passé, son intégrité et les gens qui l’ont habité ont façonné son caractère. Il appartient à toutes et à tous de connaître et d’être fiers de son histoire.

Une richesse collective qui porte notre identité et notre mémoire Si toutes et tous, individuellement et collectivement, nous nous attardons à regarder, à comprendre ce qui confère une singularité au quartier ouvrier de Magog – à ce milieu humain – ne devrions-nous pas, alors, être en mesure de le conserver afin de l’apprécier comme une richesse culturelle de notre ville? Le patrimoine nous aide à comprendre l’histoire et à nous remémorer nos origines. Il est le reflet d’un certain mode de vie, porteur d’identité et intimement lié au développement des communautés. Le quartier des Tisserands garde l’empreinte du passé et sert à faire grandir le présent dans un environnement durable. Un geste à la fois, en ayant à l’esprit la préservation de ses caractéristiques propres, ne devrait-il pas nous permettre d’en jouir encore longtemps ?

Porter un nouveau regard… pour s’y retrouver!
En architecture, le mot vernaculaire fait référence à l’adaptation de la construction aux matériaux et au climat que l’on trouve dans le pays. Contrairement à plusieurs autres styles architecturaux qui intègrent nécessairement une pratique architecturale, la maison vernaculaire est le reflet d’une pratique plus régionaliste et échappe à la rigueur des grands styles. Construite sans l’aide d’un architecte, elle se module au gré des régions en adaptant le bâtiment aux besoins de l’occupant, en accord avec les matériaux disponibles localement, comme le clin de bois, et en fonction des facteurs environnementaux et des goûts prévalant dans la communauté.

Toit plat et cubique… Oui, ils sont encore là! C’est par le biais de catalogues que le futur propriétaire a pu choisir un modèle de maison, se procurer les plans et commander les matériaux requis. Ces modèles ont l’avantage d’être à prix abordable et simples à construire. La maison cubique et la maison à toit plat proposées dans les catalogues présentent une parenté stylistique. Elles profitent toutes deux d’une fenestration abondante disposée symétriquement. La différence majeure se retrouve dans la conception du toit. Désignée en anglais sous le terme Four Square Style, la maison cubique est coiffée d’un toit à quatre versants. La présence de galeries et de balcons est fréquente sur les maisons issues de ce courant. Les maisons à toit plat ont des toits horizontaux avec un drain central ou dont la pente très faible ne dépasse pas 5 à 10 % et sert à l’évacuation de l’eau. Leur plan est plutôt rectangulaire. Ce modèle est populaire jusque dans les années 1945.

*Les photos sont une gracieuseté de M. André Roy et de la Société d’histoire de Magog.

La famille Merry rassemblée devant la maison vers 1880. Fonds Famille Merry. La Société d’histoire de Magog.

Six générations d’une des familles fondatrices de Magog habitent la Maison Merry, autour de laquelle la ville de Magog voit le jour. Plusieurs membres de cette illustre famille contribuent grandement  au développement de la ville.

Arrivé du Massachusetts, après la guerre d’Indépendance des États-Unis où il combat avec les troupes révolutionnaires, Ralph Merry III achète un terrain à la jonction de la rivière Magog et du lac Memphrémagog en 1799. Il s’y installe avec sa femme et ses huit enfants.

Aujourd’hui considéré comme le fondateur de Magog, Ralph Merry III est agriculteur, forgeron puis homme d’affaires. Il fait construire la Maison Merry en 1821 et la lègue l’année suivante à son fils Ralph Merry IV.

Parmi les membres de la famille ayant habité la maison, Ralph Merry V, petit-fils de Ralph Merry III se démarque par son esprit d’entreprise. Homme bien connu dans son milieu, il met sur pied une fabrique d’allumettes, la première au Canada. En 1851, il est tavernier, hôtelier et aubergiste et possède un magasin général. Il fait la promotion d’une pisciculture et contribue à l’arrivée du chemin de fer à Magog, tout en assumant les fonctions de maire de 1870 à 1877 et de 1881 à 1884. Il favorise le développement industriel et joue ainsi un rôle majeur dans le développement économique de la région.

Gene Adams, fille d’Annie Elizabeth Merry et de Marston Emery Adams, est la dernière Merry à habiter la maison, jusqu’en 1942. La maison est ensuite acquise par la famille Fields, et finalement par la Ville de Magog en 2008.

Les propriétaires qui se succèdent à la Maison Merry ont tous  à cœur de protéger la demeure familiale, devenue joyau patrimonial.

Par le passé, différentes bannières historiques ont été réalisées par la Ville de Magog, et exposées au parc des Braves, afin de faire connaître aux citoyens et aux visiteurs des informations sur l’histoire et le patrimoine de Magog.  Voici l

Les liens ci-dessous présentent les bannières historiques présentées :

Pour plus d’informations sur l’histoire de Magog et de la région, consultez la section Actualités historiques du site Internet de la Société d’histoire de Magog.


Activités historiques et patrimoniales

Apprenez-en plus sur l’histoire et le patrimoine de Magog à travers de multiples activités de tous genres (éducatives, ludiques, animées, etc.), offertes par la Ville de Magog et ses partenaires.

Le Chemin des Cantons est une route touristique pour découvrir nos plus beaux paysages, notre patrimoine américain et britannique exceptionnel et l’hospitalité légendaire des gens de chez nous! Cette activité touristique met en valeur le patrimoine bâti et naturel des Cantons-de-l’Est à travers une route touristique encadrée et signalisée qui sillonne les différentes régions des Cantons-de-l’Est.

Plusieurs activités vous sont offertes en lien avec le Chemin : capsules audios sur la route, animations théâtrales, carnet de jeux, etc.

À Magog, découvrez notamment les magnifiques paysages du chemin des Pères, le centre-ville et le quartier des Tisserands.

L’étape (lieu touristique) de Magog est la Maison Merry, Lieu de mémoire citoyen, située 708, rue Principale Ouest.  Vous y trouverez également la borne du Chemin des Cantons qui vous proposent divers lieux culturels et patrimoniaux à découvrir.

Circuits patrimoniaux de la Ville de Magog

En suivant, à votre rythme, le parcours des trois circuits patrimoniaux commentés sur une application mobile, vous êtes invités à découvrir le patrimoine et l’histoire du Magog urbain.

À partir de votre téléphone intelligent ou tablette
Téléchargez les circuits via l’application mobile BaladoDécouverte et recherchez, Circuits patrimoniaux de Magog ou la version anglaise, Magog Heritage Tours.

Sur votre ordinateur
Visitez le site baladodecouverte.com. Cliquez sur l’onglet « Circuits » et indiquez « Magog » dans la recherche par mots-clés. Sélectionnez ensuite le circuit désiré.

Circuits patrimoniaux | Balado-découverte

L’itinéraire proposé sillonne les trois quartiers les plus anciens de Magog, et permet d’apprécier l’architecture de différents bâtiments construits entre 1821 et 1950. Témoins privilégiés de la vie des gens d’ici, ces maisons et ces bâtisses ont, à leur manière, posé un jalon dans l’histoire de la ville. À travers elles, nous remontons le temps et ouvrons une fenêtre sur l’histoire de Magog.

Circuit du Vieux Magog (3,1 km)
Point de départ : rue Merry Sud, face à la maison Merry et la maison Moore
Ce circuit présente le patrimoine architectural reflétant les goûts de la bourgeoisie canadienne-anglaise qui s’installe sur la rive nord de la rivière au cours du 19e et au début du 20e siècle.

Circuit de l’Outlet (2,5 km)
Point de départ : rue Merry Sud, face à la maison Merry et la maison Moore
Ce circuit sillonne les rues au sud de la rivière, berceau de la ville, et suit la piste cyclable pour découvrir les vestiges de la pisciculture et du premier barrage de granit.

Circuit des Tisserands (2,4 km)
Point de départ : rue Saint-David, face à la Bibliothèque Memphrémagog
L’histoire industrielle est racontée grâce au patrimoine et aux résidents du quartier des Tisserands.

Important : Afin de respecter l’intimité des occupants des maisons privées, les promeneurs sont invités à demeurer sur le trottoir ou en bordure de la rue.

Voir la carte

Capsules et documentaires vidéos

La mini-série La p’tite histoire de Magog a été produite en partenariat avec NousTV Magog!
Mettant en vedette les personnages d’Antoinette et Odilon elle comporte 5 épisodes qui présentent des faits méconnus et des anecdotes cocasses sur l’histoire de Magog.

Découvrez la conférence animée par Patrick Eid, archéologue, offerte à la Maison Merry en 2019, et portant sur l’état des connaissances sur l’archéologie à Magog

Documentaire Le quartier des Tisserands : Un patrimoine à découvrir

Partie 1 – L’entrée de Magog dans le monde industriel
Le textile occupe une place prépondérante dans le paysage industriel de la fin du 19e et le début du 20e siècle. La mise en opération des usines d’imprimerie du coton (1884) et de filature (1888) chambarde le paysage et construit l’histoire de Magog en même temps que son quartier ouvrier.

Partie 2 – Le quartier des Tisserands : une singularité et une homogénéité formelle rare au Québec
L’arrivée massive d’ouvriers et d’ouvrières crée une pénurie de logements et d’habitations. Puisqu’aucune initiative n’est prise par la compagnie de textile pour héberger les centaines de familles qu’elle embauche, le quartier est bâti par la population, en réponse à ses besoins et à l’aide des moyens financiers dont elle dispose. Son passé, son intégrité et les gens qui l’ont habité ont façonné son caractère. En soi, peu d’édifices ont une grande valeur patrimoniale, mais l’ensemble est intéressant lorsqu’on le perçoit comme tel. C’est ainsi qu’il acquiert sa singularité et prend sa signification au point de vue historique.

Des expositions à thématique historique et/ou patrimoniale vous sont offertes, notamment par la Maison Merry. Lieu de mémoire citoyen, le Musée international d’art naïf de Magog ou la Société d’histoire de Magog.

Pour connaître toutes les expositions, consultez la section Programmation culturelle – Expositions du site Web.

Brochure proposant un circuit patrimonial qui dévoile les secrets des bâtiments construits entre 1821 à 1925 sur la rue Principale.

Brochure – Découvrez la rue principale  

Elle est disponible gratuitement, sur demande, aux endroits suivants :

L’épopée des ouvriers du textile et du quartier des tisserands
Circuit pédestre / Départ de la Bibliothèque Memphrémagog / Adultes : 8 $ / 17 ans et moins : gratuit

  • Avec la Femme du bedeau / 12 juin et 10 juillet / 13 h 30
  • Avec Monsieur le Vicaire / 11 septembre / 13 h 30

 

Histoire et anecdotes du centre-ville
Circuit pédestre / Départ de la Maison Merry / Adultes : 8 $ / 17 ans et moins : gratuit

  • Avec Odilon, le cireur de chaussure / 21 août et 9 octobre / 11 h
  • Avec Antoinette, la chapelière / 28 août / 11 h

Différents organismes vous offrent des activités, ateliers, conférences, animations, etc., en lien avec l’histoire et le patrimoine de Magog.

Consultez la section Répertoire des organismes pour connaître ceux qui oeuvrent dans ce domaine.


Archéologie

Source : Ville de Magog

Depuis quelques années, en raison de l’intérêt de plus en plus marqué de la part de la Ville de Magog et de ses citoyens pour l’archéologie, ainsi qu’en raison de la Loi sur le patrimoine culturel adoptée en 2012 par le gouvernement québécois, le patrimoine archéologique prend une place de plus en plus importante à Magog.

Au cours des dernières années, la Ville de Magog a réalisé diverses interventions archéologiques sur son territoire, dont plusieurs interventions préventives en lien avec des travaux d’aménagement.

D’autres interventions ont également été réalisées par le passé par d’autres instances ou personnes, par exemple une étude de potentiel archéologique des MRC en 1987, des interventions archéologiques diverses, des découvertes fortuites sur des terrains privés ou dans le lac Memphrémagog.

« L’archéologie est une discipline scientifique dont l’objet d’étude est l’ensemble des vestiges matériels laissés par des individus ou des sociétés humaines, tels des objets, des formes artistiques, des bâtiments ou même des paysages transformés. L’archéologie sert ainsi à reconstituer la vie de nos prédécesseurs et l’évolution de leurs comportements à travers le temps, de la période préhistorique jusqu’à l’époque contemporaine. » – Association des archéologues du Québec

Elle nous en apprend également sur le quotidien des anciens peuples, soit des données souvent trop peu présentes dans les sources historiques (archives, cartes et iconographie anciennes).

Le patrimoine archéologique, de par sa nature et du fait qu’il est enfoui, et donc invisible, est fragile et vulnérable. Toutes les perturbations du sol menacent le site et risquent de le détruire.  De plus, il n’est pas renouvelable, puisqu’une fois détruit, les données qu’il renferme sont perdues à jamais. Les sites archéologiques sont porteurs d’informations uniques sur notre passé et méritent donc d’être respectés et protégés.  Une vigilance est donc de mise lorsque des travaux qui bouleversent le sol sont prévus.

Dans la majorité des cas, les sites sont découverts dans le cadre d’interventions archéologiques réalisées par des archéologues professionnels et régies par la Loi sur le patrimoine culturel et le Règlement sur la recherche archéologique. La Loi stipule que les interventions archéologiques doivent être réalisées par des archéologues professionnels qui doivent demander un permis de fouille et rendre un rapport dans l’année qui suit.

Plus rarement, des sites peuvent être découverts de façon fortuite.

En conformité avec la Loi, quiconque découvre un bien ou un site archéologique doivent les déclarer sans délai au ministère de la Culture et des Communications.

La préhistoire du Québec, et de l’Estrie en particulier, est très ancienne et remonte à plus de 12 000 ans avant aujourd’hui. À Magog, grâce aux interventions et découvertes archéologiques, il est possible d’affirmer que l’occupation humaine commence plusieurs millénaires avant l’arrivée des premiers colons à la fin du XVIIIe siècle.

Selon les informations connues à ce jour, certains secteurs du territoire de la ville possèderaient un potentiel non négligeable tant au niveau préhistorique (période autochtone) qu’historique (période de colonisation et suivantes).

Suite aux nombreux rapports techniques ou études réalisés par le passé, la Ville de Magog a fait produire, en 2019, un État de situation et des connaissances sur l’archéologie à Magog, afin de synthétiser, vulgariser et transmettre ces connaissances à divers publics ainsi que pour obtenir des recommandations quant à la façon de gérer le patrimoine archéologique sur son territoire et le mettre en valeur.

Une présentation des résultats de cette étude a été présentée aux élus municipaux ainsi qu’au grand public.  Vous trouverez ici la vidéo de la conférence présentée au grand public.

  • 6 sites archéologiques officiellement constitués (possédant un code Borden).  La majorité des sites comportent des artefacts préhistoriques qui nous renseignent sur la présence d’autochtones dans la période préhistorique (site de la Maison Merry, pointe Merry, rivière Magog). Alors que d’autres sites nous renseignent également sur la période historique de développement de la Ville (site de la Maison Merry, parc des Braves, ancienne pisciculture – digue du barrage Memphrémagog, centre communautaire);
  • Présence d’occupation autochtone datant de plusieurs millénaires jusqu’à la période de colonisation (la plus ancienne datée jusqu’à présent remonte à environ 4 000 ans – site de la Maison Merry);
  • Plusieurs zones d’informations archéologiques (interventions archéologiques réalisées dans le cadre de travaux effectués par Hydro-Québec ou le MTQ);
  • Certains cas de découvertes fortuites déclarées par des citoyens;
  • Nombreuses découvertes effectuées dans le lac Memphrémagog par le plongeur Jacques Boisvert, et autres plongeurs, dont certaines ont été déclarées au MCC.

Bien que les dernières années aient été marquées d’une augmentation non négligeable d’interventions archéologiques dans les limites de la municipalité, il demeure encore beaucoup de recherche à effectuer et de secteurs à investiguer.

Certains plans d’eau, dont le lac Memphrémagog, recèleraient également un potentiel archéologique particulièrement riche. La collection Jacques-Boisvert témoigne en ce sens. Les objets trouvés dans le lac Memphrémagog appartiennent au gouvernement du Québec.  Il y a lieu de sensibiliser la population et les visiteurs à cet égard.

D’ailleurs, la Ville de Magog a signé une entente avec le ministère de la Culture et des Communications afin de conserver localement certains artefacts archéologiques découverts dans le lac, et en mettre en valeur dans les expositions de la Maison Merry.

Dans le cadre de la réalisation du projet de la Maison Merry, la Ville a également choisi de conserver intact une partie du terrain en vue d’éventuelles fouilles archéologiques publiques. Elle a confié à la Corporation de la maison Merry le mandat de mise en valeur de ce site archéologique, et celui de présentation d’activités ludiques et de sensibilisation à l’archéologie. La Maison Merry offre actuellement des ateliers d’initiation à l’archéologie aux visiteurs, aux familles ainsi qu’aux groupes scolaires.

La Loi sur le patrimoine culturel confie aux municipalités des pouvoirs en matière d’archéologie.  Les municipalités peuvent jouer un rôle majeur dans la protection du patrimoine archéologique et la sensibilisation des citoyens à l’importance de ce patrimoine.  Elles ont aussi des obligations à cet égard, tout comme l’ensemble de la population.

Les citoyens peuvent voir le patrimoine archéologique de leur municipalité comme une plus-value puisqu’ils se l’approprient, ils se reconnaissent en lui. Le patrimoine archéologique favorise ainsi le développement identitaire et culturel. La mise en valeur du patrimoine archéologique attire également de nombreux visiteurs, ce qui contribue au développement touristique et économique des municipalités.


Inventaire du patrimoine bâti

Inventaire patrimoine

La Ville de Magog a présenté publiquement, en 2008, son rapport final sur l’Inventaire et l’étude du patrimoine bâti. Ce projet constituait l’une des actions de la Politique culturelle de Magog, adoptée en 2004.

1 100 bâtiments ont ainsi été répertoriés. Parmi ceux-ci, un groupe de 152 bâtiments d’intérêt particulier se sont distingués des autres bâtiments étudiés. En 2014-2015, une mise à jour de l’inventaire de ces derniers, a été réalisée.

Voici quelques exemples d’architecture de types commerciale et domestique que l’on retrouve à Magog :

Architecture commerciale

Rue Principale Ouest

Architecture “domestique”

architecture domestique ville de magog

Maison vernaculaire états-unienne
(rue Merry Nord)

Architecture “domestique”

architecture domestique ville de magog

Maison de courant cubique
(rue Merry Nord)

Architecture “domestique”

architecture domestique ville de magog

Maison à toit plat (rue MacDonald)

L’objectif général de l’étude de 2008 était de réaliser un inventaire de tous les immeubles patrimoniaux sur l’ensemble du territoire municipal. Les objectifs spécifiques se résument en quatre points :

  • Mettre à jour la connaissance du patrimoine local bâti;
  • Évaluer les éléments les plus significatifs du patrimoine bâti;
  • Dégager un portrait global du patrimoine bâti;
  • Constituer un outil de référence en matière de mise en valeur, de diffusion, de protection et de préservation du patrimoine bâti.

Les travaux d’inventaire portaient sur 1 100 bâtiments construits entre 1821 et 1960, représentant ainsi 140 ans d’histoire. Il existe une fiche descriptive pour chaque bâtiment. Tous les types d’édifices ont été inventoriés : agricole, industriel, résidentiel, commercial, religieux, public, etc.

Cinq valeurs ont été retenues pour distinguer la valeur patrimoniale de chaque édifice :

  1. La valeur d’âge (avant 1900 pour Magog);
  2. La valeur d’authenticité (conservation des caractéristiques anciennes ou d’origine de l’édifice);
  3. La valeur d’usage (fonction particulière de l’édifice à un moment ou à un autre de son histoire; vise aussi à souligner la présence d’occupants ayant joué un rôle prépondérant dans la communauté);
  4. La valeur d’art et d’architecture (bâtiments qui offrent des caractéristiques architecturales particulières, le plus souvent décoratives, qui ont pu être l’œuvre d’un architecte ou d’un artisan spécialisé);
  5. La valeur contextuelle (le milieu dans lequel l’édifice est localisé).

La valeur patrimoniale a été déterminée à l’aide de cinq cotes, allant d’exceptionnelle à faible. Cliquez ici pour connaître la définition des cotes.

Exceptionnelle Supérieure Forte Moyenne Faible Aucune Total
8 60 184 494 354 0 1100

Il ressort que 152 édifices se distinguent des autres bâtiments étudiés : ce sont les bâtiments d’intérêt particulier.

Parmi les 1 100 bâtiments inventoriés, un groupe de 152 bâtiments d’intérêt particulier se sont distingués des autres bâtiments étudiés par leur valeur patrimoniale « exceptionnelle », « supérieure » ou parfois « forte ».

Ces bâtiments offrent une valeur distinctive sur le plan patrimonial en raison de leur intégrité architecturale, de leur rareté, de leur fonction ou, parfois, de l’ensemble de ces motifs. Ces bâtiments d’intérêt particulier nécessitent une attention spécifique.

La majorité de ceux-ci (environ la moitié) ont une fonction résidentielle, alors que d’autres ont une vocation commerciale ou mixte, religieuse, publique, ou même industrielle ou agricole.

En 2014-2015, une mise à jour de l’inventaire de ces derniers, a été réalisée.  L’objectif de cette étude, réalisée par la firme Patri-Arch, spécialisée en architecture patrimoniale, était principalement de :

  • Améliorer et mettre à jour les connaissances sur les bâtiments d’intérêt particulier
  • Déterminer les actions à prendre pour la sauvegarde et la protection de ce patrimoine bâti
  • Confirmer la cote patrimoniale ou en attribuer une nouvelle en lien avec les données mises à jour.
  • Préciser le rang de chaque bâtiment.
  • Réaliser une nouvelle fiche plus détaillée pour chacun de ces bâtiments

Chacune des fiches d’inventaire de la nouvelle base de données s’est vu doter d’une section portant sur les recommandations relatives aux éléments à considérer lors de travaux sur le bâtiment, c’est-à-dire les éléments à conserver et à mettre en valeur, ainsi que des éléments à corriger ou rétablir.  Il s’agit en fait de suggestions pour rendre le bâtiment plus près de son état d’origine ou en harmonie avec son courant architectural (voir l’exemple de fiche).

En date de septembre 2021, 5 bâtiments d’intérêt particulier ont été démolis, alors que 6 autres sont assujettis à un règlement de citation.

Exceptionnelle Supérieure Forte Démolis
Nombre de bâtiments d’intérêt particulier (étude de 2015) 4 71 72 5

Les informations contenues dans l’inventaire ont servi de base à plusieurs des actions posées par la Ville ensuite pour la protection, la sensibilisation et la mise en valeur du patrimoine.

Une série de recommandations destinées à la sauvegarde, à la diffusion et à la mise en valeur du patrimoine bâti magogois ont été émises dans le rapport de Bergeron-Gagnon (2008). La majorité de ces recommandations ont été réalisées. En voici quelques-unes :

  • Séances d’information au sujet de l’inventaire et fiches descriptives remises aux propriétaires (2008);
  • Délimitation du secteur du centre-ville pour le PPU modifiée;
    • Inscrit au plan d’urbanisme comme Ensemble d’intérêt historique et patrimonial;
  • Différents outils de mise en valeur et de sensibilisation;
    • 3 circuits patrimoniaux audioguidées;
    • Visites guidées et animées;
    • Brochure Rue Principale;
    • Diffusion d’articles et documentaires vidéos sur l’histoire du quartier des Tisserands;
    • Guide technique Conseils, trucs et astuces pour conserver le caractère patrimonial de votre maison;
  • Règlements de citation pour certains immeubles patrimoniaux;
  • Restauration et reconversion de bâtiments d’intérêt particulier;
  • Révision du règlement de démolition;

Des recommandations actualisées touchant particulièrement les bâtiments d’intérêt particulier ont également été émises dans le rapport de Patri-Arch (2015). La bonification et la mise sur pied de mesures réglementaires, législatives, incitatives et de sensibilisation sont ainsi proposées dans le but de mieux protéger ce patrimoine bâti. Plusieurs actions ont déjà été réalisées alors que d’autres ont été incluses dans le plan d’action de la Politique culturelle et patrimoniale adoptée en 2021.

Exemple de la fiche d’inventaire (2008)

Exemple de la fiche d’inventaire des bâtiments d’intérêt particulier (2015)

Les fiches d’inventaire sont disponibles sur demande du propriétaire du bâtiment, auprès de la Ville de Magog.  Pour faire une demande, contactez-nous à l’adresse urbanisme@ville.magog.qc.ca.

Pour des trucs et conseils pour la restauration de votre bâtiment patrimonial, consultez la section Restaurer sa maison patrimoniale.


Politique culturelle et patrimoniale

Politique culturelle et patrimoniale

En juillet 2021, la Ville de Magog a adopté sa nouvelle Politique culturelle et patrimoniale. Elle est le fruit d’une démarche collaborative avec les citoyennes et les citoyens ainsi qu’avec les partenaires locaux. Un plan d’action avec une vision pour les 15 prochaines années a également été élaboré.

La Politique a pour titre « Une culture qui nous ressemble et nous rassemble ».

Quatre grands axes d’intervention ont été priorisés :

  • Axe 1 : La vitalité culturelle
  • Axe 2 : L’accessibilité et la participation citoyenne à la culture et au patrimoine
  • Axe 3 : Le patrimoine, l’histoire et le territoire
  • Axe 4 : Le rayonnement de la ville
Consulter le communiqué de presse
Consulter la politique (version complète)
Consulter la politique (version abrégée)
Consulter le plan d’action

Découvrez le portrait culturel et ses enjeux

La Division culture, bibliothèque et patrimoine de la Ville de Magog a réalisé un portrait culturel ainsi qu’un portrait des enjeux reliés à la culture, à la bibliothèque et au patrimoine. Un aperçu de leur évolution depuis l’adoption de la politique culturelle de 2005 jusqu’en juin 2019 a également été effectué.
PowerPoint
Version abrégée
Version détaillée
Logo du Gouvernement du Québec La Politique culturelle et patrimoniale de la Ville de Magog a été réalisée dans le cadre de l’entente de développement culturel entre la Ville de Magog et le ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Programmes et subventions

Programme de subventions ville

La Ville de Magog offre à ces citoyens divers programmes de soutien financier.

En patrimoine, la Ville de Magog est fière d’offrir aux propriétaires privés de bâtiments patrimoniaux considérés comme d’intérêt particulier sur le territoire de la ville, ou de bâtiments significatifs du quartier des Tisserands, un Programme d’aide financière à la restauration patrimoniale.

Pour connaître tous les programmes, consultez la page Programmes et subventions du site Web.


Répertoire des organismes

Répertoire des organismes

De nombreux organismes sur le territoire de Magog participent à la vitalité culturelle ainsi qu’à la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine.

Une Politique d’admissibilité et de soutien pour les organismes a également été mise en place afin de soutenir et accompagner les initiatives de ces organismes.

En histoire et patrimoine, les principaux organismes sont :

Consultez la section Répertoire des organismes du site Web.


Restaurer sa maison patrimoniale

restaurer sa maison patrimoniale

Pour favoriser une meilleure qualité de vie et protéger le patrimoine bâti pour les générations à venir, la Ville de Magog propose des outils afin d’aider les propriétaires à conserver et mettre en valeur leur bâtiment patrimonial selon le type architectural.

Un document pour accompagner les propriétaires de bâtiments patrimoniaux qui ont des projets d’entretien, de réparation et d’agrandissement de leur maison est mis à la disposition des citoyens. Prenant pour exemple les maisons du quartier des Tisserands, mais applicable pour toutes les maisons construites avant 1950, il propose des conseils, des trucs et des astuces pour conserver le caractère patrimonial de sa maison lors de travaux.

Il peut être consulté en ligne en cliquant sur le lien, Consulter le Guide technique

Il est aussi possible de l’emprunter à la Bibliothèque Memphrémagog.

La MRC Memphrémagog a également créé en 2016, le Guide des bonnes pratiques. Patrimoine bâti de la MRC Memphrémagog, qui se veut un outil de référence pour la rénovation patrimoniale, basés sur les styles architecturaux typiques de notre territoire.

Identifier
Afin de garder la valeur patrimoniale, il faut identifier le type de maison que l’on veut restaurer. Les propriétaires de maison ancienne à Magog peuvent consulter le document Inventaire et étude du patrimoine bâti de Magog disponible dans la section Inventaire du patrimoine bâti.

Constater
Le propriétaire doit inspecter les composantes essentielles de sa maison pour identifier les problèmes et les forces : toit, revêtements, solage, portes, fenêtres, etc. Prendre des photos peut être utile lors de travaux.

Consulter 
Des photos anciennes pourraient aider à identifier les transformations qui ont peut-être modifié votre bâtiment et qui peuvent être corrigées. Si vous n’en possédez pas, référez-vous à la Société d’histoire de Magog.

En plus du guide réalisé par la Ville de Magog et celui par la MRC Memphrémagog, de nombreuses villes et régions du Québec se soucient de leur patrimoine bâti et souhaitent qu’il soit mis en valeur avant que la situation devienne irréversible. Il est donc possible de consulter, en effectuant une recherche sur Internet, les brochures et fiches-conseils qu’elles ont réalisées.

Planifier
Le propriétaire doit établir une stratégie d’intervention qui le guidera pour l’entretien, la réparation, la réfection, la restauration, la déconstruction ou la reconstruction. Cela lui permettra d’évaluer les coûts et d’établir un calendrier de travail.

Entretenir et réparer
Un propriétaire consciencieux cherche à conserver, à récupérer et à réutiliser le plus possible les éléments ou les matériaux en bon état. Remplacer des éléments d’origine plutôt que de les réparer est un dernier recours d’autant plus que réparer des parties abîmées d’un lambris d’origine, par exemple, est plus simple et moins dispendieux que de tout recouvrir.

Il faut remplacer? Il existe, par exemple, du bardeau et des bois pré-peints en industrie qui procurent une grande durabilité. Il faut aussi s’assurer de les poser de la bonne façon. Et s’il faut repeindre, la peinture posée sur une surface bien préparée durera facilement de six à dix ans.

Faire appel à un inspecteur en bâtiments

Peu importe la nature ou l’envergure des travaux que vous souhaitez entreprendre sur votre maison, consultez la Division permis et inspection qui sera en mesure de vous informer sur la réglementation municipale.

Les bâtiments d’intérêt particulier sont notamment assujettis à un règlement de PIIA .