12-05-2026
Le phragmite, plus communément appelé le roseau commun, est une espèce exotique envahissante qu’on retrouve dans les milieux humides, notamment sur les rives et dans les fossés en bordure des routes. On le reconnaît à sa longue tige et à son plumeau qui change de couleur d’une saison à l’autre, passant du rouge au doré. Vous avez peut-être déjà remarqué sa présence sur le territoire, notamment le long des autoroutes.
Qu’est-ce qu’une espèce exotique envahissante?
Une espèce exotique envahissante (EEE) est un organisme qui évolue à l’extérieur de son aire de répartition naturelle, qui se propage et s’adapte facilement à toutes sortes d’environnement, et dont la présence menace la biodiversité locale.
Originaire d’Asie, le roseau commun est une plante dite exotique envahissante. Très résistante, elle se propage rapidement et forme des colonies denses dont la présence nuit à la végétation indigène et appauvrit les écosystèmes. Elle peut aussi restreindre l’usage de certains sites où elle est implantée, comme les rives d’un lac.
Les espèces exotiques envahissantes peuvent avoir des impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs, il est donc important de prendre des mesures pour lutter contre leur propagation et prévenir leur introduction.
Comment lutter contre le roseau commun?
Il existe différentes méthodes de lutte qui tiennent compte des particularités biologiques du roseau commun. Certaines de ces méthodes nécessitent toutefois une autorisation préalable de la municipalité ou du ministère de l’Environnement.
- Le toilage, qui consiste à recouvrir une colonie de roseau commun de toiles géomembranes ou géotextiles pour nuire au processus de photosynthèse et ainsi freiner la croissance de la plante. Pour un résultat optimal, les toiles doivent rester au sol quelques années (3 à 5 ans) et être entretenues pour éviter tout bris ou déplacement. On recommande aussi de planter de la végétation indigène à travers les toiles afin d’instaurer une compétition végétale, ce qui aide à favoriser la biodiversité locale et prévenir une nouvelle propagation.
- Le fauchage, qui consiste à faucher et arracher à répétition les tiges de roseau. Cette méthode est plus exigeante et moins efficace à long terme, surtout pour une colonie en milieu terrestre, à cause des repousses qui continuent d’alimenter la plante en énergie. Elle peut toutefois s’avérer intéressante pour une colonie en milieu aquatique, puisqu’une plante coupée sous le niveau de l’eau est privée d’oxygène, donc cesse de pousser.
- Le retrait des rhizomes, qui consiste à excaver les racines du roseau commun. Comme les rhizomes contiennent les réserves d’énergie de la plante, leur extraction permet d’éradiquer la colonie. Cette méthode est la plus efficace pour l’élimination de petites superficies infestées. Elle est généralement réalisée à l’aide d’une pelle mécanique, en creusant jusqu’à environ 2 mètres de profondeur afin d’atteindre l’ensemble du réseau de rhizomes. Bien que l’excavation puisse parfois être réalisée à la pelle pour limiter les impacts sur le sol, l’utilisation d’une excavatrice est souvent nécessaire lorsque les racines sont profondes ou fortement développées. Cette approche entraîne toutefois des impacts économiques et environnementaux importants à considérer. Pour optimiser l’efficacité tout en limitant les perturbations, le retrait des rhizomes peut être combiné avec une méthode de fauchage.
À Magog, nous avons choisi d’utiliser la méthode de toilage pour lutter contre le phragmite entourant le bassin Desjardins, puisque la présence envahissante du roseau réduit l’usage et la biodiversité du site. Cette approche a également été retenue en raison de son coût inférieur à celui de l’excavation, tout en permettant de limiter efficacement la propagation de l’espèce. Jusqu’en 2029, vous pourrez donc y voir des toiles qui recouvrent les rives et des arbustes qui poussent au travers. Prenez soin de ne pas marcher sur la toile, ni la soulever, afin de favoriser le succès de cette méthode de lutte au phragmite.
Plus d’informations sur les espèces exotiques envahissantes (EEE) dans la section Environnement de notre site Web.